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Toitures endommagées par le vent

2020-08-12
Toitures endommagées par le vent

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Au Québec, bien que nous ne soyons pas reconnus pour subir annuellement des épisodes de tornades ou d’ouragans, il demeure que certaines périodes de l’année sont reconnues pour être propices aux forts vents, notamment durant l’été ou à l’automne.  Ces périodes sont donc favorables à l’endommagement des revêtements de toiture.  Ces dommages possibles sont multiples : apparition de plis de la membrane, le détachement partiel des coins, et même un soulèvement complet de la toiture.  À ce moment, l’étanchéité du système de toit est fort probablement affectée, ce qui peut engendrer des dommages conséquentiels majeurs (infiltrations d’eau endommageant la structure et le contenu du bâtiment).

Or, le vent est rarement la cause réelle de tels sinistres mais davantage un élément déclencheur.  En effet, la résistance de conception des systèmes de toiture qui est requise par le Code national du bâtiment se base sur des caractéristiques de vulnérabilité du bâtiment aux vents (hauteur et superficie du bâtiment, topographie du terrain, présence de bâtiment plus haut ou d’arbres à proximité, etc.) et sur des vents de récurrence moyenne de 50 ans.  Ainsi, de tels vents devraient être exceptionnels et non pas annuels.  Il est donc généralement rare que les efforts dus aux vents sur un bâtiment soient à eux-seuls suffisants pour l’endommager lorsque ce dernier est adéquatement conçu et construit.  Il devient alors important de connaître la cause réelle du sinistre pour évaluer la possibilité d’un potentiel recours.   


Suite à un sinistre, la première étape d’un ingénieur sera donc d’évaluer si les vents sont exceptionnels ou s’ils sont en deçà des exigences de conception du Code national du bâtiment.  L’ingénieur pourra donc consulter les données météorologiques enregistrées aux stations les plus près du sinistre et les comparer aux exigences.  Bien sûr, on ne peut exclure la possibilité d’évènements plus localisés au lieu du sinistre qui seraient supérieurs aux données enregistrées aux stations météorologiques, tels que des phénomènes de micro-rafales ou de tornades, mais ces types de phénomènes sont aussi investigués et répertoriés par les services météorologiques lorsqu’ils surviennent.


Lorsque l’hypothèse de vents exceptionnels peut être exclue, l’ingénieur analysera plus en détail la composition de la toiture à la recherche de vices potentiels de conception (composition de toiture inadéquate pour l’utilisation/l’emplacement), d’installation (ancrages insuffisants, manque d’adhérence entre les matériaux, etc.), ou même des matériaux installés (faiblesse/défaut de matériaux ne rencontrant pas ces spécifications).  L’entretien ou la détérioration de la toiture pourrait aussi être mise en cause si l’altération de cette dernière était telle que les matériaux étaient trop affaiblis pour reprendre les efforts dus aux vents.
 
Ainsi, malgré de forts vents, ces derniers ne sont pas nécessairement la cause des dommages à une toiture.  Ils peuvent simplement être un élément déclencheur de la défaillance mettant en évidence une déficience préexistante du revêtement de toit depuis sa conception et sa construction, ou encore une dégradation des matériaux au fil du temps.  Une inspection rapide des lieux après un sinistre permet généralement une meilleure compréhension de la défaillance et facilite la documentation pour un potentiel recours, s’il y a lieu.

par Fabio R. Melo, ing., M.Sc., et Jean-Sébastien Fortin, ing., M.Sc. - Département génie civil